mercredi 31 décembre 2014

Christian Bobin

Une fois n'est pas coutume, je voudrais faire un billet sur un auteur, pour l'ensemble de son oeuvre en quelque sorte.
 Un peu comme si je décernais le Mior d'Or de littérature, à l'instar d'un suédois célèbre (enfin pas tant que ça, j'ignorais qu'il était l'inventeur de la dynamite jusqu'à il y a deux minutes. Le Nobel de la paix prend toute sa saveur quand on pense à des trucs pareils ...enfin, laissons, je m'égare ...surtout que Bobin , la dynamite , c'est clair , ce n'est pas son truc )

J'ai découvert Christian Bobin avec "Une petite robe de fête" , court recueil paru en 1993.

Emerveillement. Langue tout à fait personnelle, prose d'une indicible poésie, inspiration originale. Quelque chose qui le rapproche d'André Dhôtel -dans mon panthéon personnel pour "le Pays où l'on n'arrive jamais" qui enchanta mon enfance...- 

Coup de foudre absolu, transports de joie.

Quelques jours plus tard, invitée à une soirée je l'offre à mon hôte... qui deviendra mon compagnon et plus tard mon mari. 

Excellent souvenir (offrez des livres , cela peut vous mener loin)



Les livres de Bobin se racontent mal , il n'y a pas grande intrigue, généralement.

C'est toute une atmosphère de sensibilité fine, une littérature qui fait du bien, qui chuchote à votre oreille des phrases comme hors de la temporalité , et surtout très loin de la modernité. 
Ceux qui ne l'apprécient pas fustigent son écriture marquée par la foi, trop claire, comme exaltée parfois par cette vision chrétienne de l'homme. 
Formidablement humaniste, répondrai-je.

Eté 2014. Des semaines très difficiles pour moi , temps de crise, temps de deuil.

J'éprouve le besoin de lire "un Bobin". 
"Isabelle de Bruges" m'attend depuis longtemps sur mon étagère, patiente, sachant que son heure viendra, probablement.

Isabelle est l’aînée d’une famille de trois enfants. Elle a treize ans au moment où son histoire débute par un drame. Les trois enfants sont abandonnés sur le parking d’une aire d’autoroute par des parents dont on n’apprendra seulement que la mère est atteinte d’une tumeur au cerveau. 
En conséquence, le couple a décidé d’abréger leur vie ensemble. 
Les enfants sont immédiatement recueillis par une grand-mère, Eglantine, qui va subvenir à leurs besoins. Jacques, le fils cinquantenaire de la vieille dame va s’occuper de l’instruction des trois enfants, et notamment d’Isabelle. Elle fait ainsi une scolarité curieuse, où les cours particuliers de son précepteur remplacent complètement l’école. Elle évolue de ce fait dans un univers social extrêmement restreint, qui ne se compose que de son frère Adrien, de sa soeur Anne, de la grand-mère Eglantine, et épisodiquement de Jacques. 
Au sortir de l’adolescence d’Anne et d’Adrien, les deux jeunes partent avec Jacques pour un long voyage en Argentine. Isabelle reste auprès de la vieille Eglantine afin de l’aider dans ses tâches ménagères. Son univers social, menacé de se restreindre un peu plus, s’élargit pourtant de la rencontre avec deux jeunes hommes : un médecin, chargé de soigner la grand-mère souffrante, et Jonathan, photographe, ami du celui-ci. 
Avec Jonathan, Isabelle vivra trois semaines d’une histoire d’amour particulièrement intense, à l’issue desquelles le photographe la quittera afin de poursuivre son travail.
 Le roman s’achève sur la sérénité d’Isabelle, au lendemain de la mort de la vieille Eglantine, occupée d’attendre sans impatience les retours ponctuels de Jonathan, et s’attachant à une nouvelle occupation, l’écriture.

Ce livre-là , à ce moment-là... extraordinaire . 

Lire Bobin c'est en quelque sorte se laver l'âme. 

Alors en cette toute dernière soirée de l'année j'avais envie de ce billet, comme un hommage littéraire et surtout un remerciement.

MIOR

14 commentaires:

  1. oui bien-sûr comment ne pas aimer christian bobin, c tt à ft cela : légèreté et apaisement. Je me souviens de celui (g oublié le titre) où il évoque son père et cet abre gigantesque au milieu d'une cour. joli kdo mior, merci -p@sc

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bonne StSylvestre à toi, P@sc, amitiés...

      Supprimer
  2. C'est une jolie histoire, toi et cet auteur ! Je ne l'ai jamais lu mais tu donnes très envie (à part le côté chrétien peut-être. ..)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Essaye, Papillon, cela m' étonnerait bien que tu restes hermétique...

      Supprimer
  3. Un auteur qui trace son chemin dans nos cœurs...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. ...et qui laisse une trace très subtile

      Supprimer
  4. :)
    avec d'aussi bons auteurs , l'espoir est permis...

    RépondreSupprimer
  5. J'ai beaucoup aimé l'histoire de ta rencontre avec ton mari... à travers un livre (et quel livre !) : c'est beau !! Très belle année de lectures à toi Mior !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. merci sandrion , belle et douce année à toi...

      Supprimer
  6. Quel bel hommage ! Tu me donnes envie de me nettoyer l'âme aussi ;-)
    Belle rencontre autour d'un livre... Premier cadeau de mon homme "L'invention de la solitude" de Paul Auster, et aussi le premier livre reçu d'un amoureux :-) Offrir des livres mènent loin en effet :-)

    RépondreSupprimer
  7. j'ai trouvé qu"Isabelle de Bruges " était une merveille, légère et profonde comme Bobin sait si bien le faire.
    L'histoire m'a enchantée , au sens premier

    RépondreSupprimer
  8. J'ai lu l'homme-joie et j'avais vraiment aimé. Sur mes étagères, j'ai autoportrait au radiateur. J'ai retenu la petite robe de fête à la bibliothèque ainsi que Isabelle de Bruges

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. tellement de titres chez Bobin qu'on s'y perd ! J'espère que tu aimeras Isabelle de Bruges toi aussi

      Supprimer

Merci de votre visite, et de votre commentaire ;-)
A bientôt !
Mior