...pas moins de quatre expos ! D'où ce petit mot à la veille d'un long weekend qui peut se révéler profitable, le Grand Palais étant ouvert le Lundi de Pentecôte ;-) Je vous parlerai rapidement des trois que j'ai vues : "Icônes américaines" : si vous avez croisé cette affiche dans la vitrine d'un magasin Gap, eh bien , c'est parce que Doris et Donald Fisher, fondateurs de la chaîne, ont constitué dans les années 70 une très riche collection d'oeuvres d'art dont certaines sont exposées ici . Les autres proviennent du musée de San Francisco, en rénovation. Calder, Roy Lichtenstein, Andy Warhol pour les plus célèbres sont présents, mais attention : il faut préciser que l'expo est extrêmement courte , ce qui peut surprendre et décevoir ... je l'ai appréciée mais j'avoue que je lui ai trouvé un petit goût de pas assez ! nb : cette expo part au Musée Granet d'Aix en Provence cet été
Velàsquez: aussi surprenant que cela puisse paraître, c'est la première expo parisienne dédiée à ce grand peintre - que je présenterai pas- mais ...sans les Ménines , qui sont restées au Prado...ce qu'on se garde bien de vous dire ;-) Ce qui est intéressant ici , c'est la mise en perspective du travail de Vélasquez avec celui de son maître Francisco Pacheco -chez qui il entra en apprentissage en 1611 à l'âge de 12 ans- puis celui de son gendre, Juan Del Mazo. C'est alors très clair : il y a vraiment un génie chez Vélasquez que les autres n'ont pas , et une technique très particulière qui fascina par exemple un Manet, beaucoup plus tard .
Jean-Paul Gaultier ...sans transition !! Alors là , c'est assez incroyable : riche, coloré , inventif , transgressif ... Quelle imagination et quelle énergie bouillonnantes ! La mode est le cadet de mes soucis mais j'avoue m'être ébaubie. Beaucoup de monde, et très peu de recul , c'est dommage ; je me suis dit que j'y repasserai plus tard (vive la Carte Sésame) Ce qui est fun , c'est que m'arrêtant avant l'expo à la cafèt, ce sont tout de même deux dames âgées (et je dirais même très âgée pour l'une d'elle !) qui m'ont fait l'article, n'hésitant pas à qualifier l'expo de géniale . Je suis ressortie avec une pêche du tonnerre en tout cas ;-)
Féminin-Masculin : androgynie et mixité des genres chez Gaultier DÈS SES PREMIÈRES COLLECTIONS, JEAN PAUL GAULTIER MONTRE LA FRONTIÈRE POREUSE QUI RÉSIDE ENTRE MASCULINITÉ ET FÉMINITÉ, COMME L’INCARNE SI BIEN GRACE JONES, CHANTEUSE ET ICÔNE DE LA MODE DES EIGHTIES À L’ALLURE DIABOLIQUEMENT ANDROGYNE. CETTE TENSION ENTRE LES GENRES EST EN EFFET UN IMPÉNÉTRABLE ENTRE-DEUX
Jean Paul Gaultier se plait à dévoiler la sensibilité de l’homme et à revendiquer la puissance féminine. En 1985, lors de son défilé mémorable Et Dieu créa l’Homme, il lance la jupe pour homme et n’hésite pas à jouer sur l’autodérision. Malgré son succès commercial en demi-teinte, cette pièce a le mérite de briser les tabous et de susciter de nouveaux questionnements sur l’identité sexuelle. Pour le couturier, la réponse est simple : « Un homme ne porte pas sa masculinité dans ses vêtements. Sa masculinité est dans sa tête. »
Ses premières heures de gloire, Jean Paul Gaultier les vit au tempo de l’émergence du mouvement gay et de son vent libertaire. Malgré les résistances, ce climat favorable dépoussière peu à peu le déterminisme ambiant en matière de représentation des genres. Le couturier impose alors une vision toute autre. Sa collection Une garde-robe pour deux de l’été 1985 en est le point d’orgue. Quand l’homme porte tout naturellement des décolletés, la femme en dominatrice corsetée devient l’emblème de sa propre libération sexuelle. Rien d’étonnant donc que les années 50 soient la période favorite de Jean Paul Gaultier qui reconnaît : « La féminité était à son comble. J’aime les femmes fortes.»
Pauline Weber
La quatrième expo "Lumière ! Le cinéma inventé" est formidable d'après Poppy (ma chère ex-compagne de blog et toujours amie) ... on peut lui faire confiance ;-) Alors , tous au Grand Palais ! MIOR.