Les lecteurs frénétiques sont de plusieurs sortes ; il y a les détachés , qui savent lire sans posséder, les branchés dont la boîte aux lettres ne désemplit pas, les fouineurs qui écument les brocantes et les bouquinistes à la recherche de titres perdus, les modestes qui ne lisent qu'en format poche, les fous inscrits dans quatre bibliothèques différentes ( eh oui...) , les généreux qui offrent et postent même le cas échéant...
Et parmi tous ceux-là beaucoup qui sont infiniment sensibles à l'objet-livre : sa jaquette, colorée - ou pas- son volume agréable à manipuler - chez certains éditeurs il atteint à une forme de perfection, je pense à certains titres chez Sabine Wespieser par exemple - sa typo, si fondamentale dans le confort de lecture - de même que la qualité du papier -ah, les éditions Gaïa, leur papier rose surprenant mais magique, hélas abandonné...- le plaisir pouvant prendre bien des visages, de la lecture un peu empesée d'un volume de la Pléiade, peut-être même à la table, par respect, au traitement limite brutal réservé à un poche qu'on trimbale un peu partout, dans un rapport intime et familier.
Et puis -et les blogueurs sont certainement sur-représentés dans cette catégorie- il y a les écureuils, ceux qui entassent des noisettes, en prévision, au cas où, de manière compulsive - les yeux plus gros que le ventre en somme, jamais expression n'aura paru plus adéquate- ceux qui pourraient tenir à l'aise un an ou deux si une catastrophe empêchait l'impression de nouveaux livres ( à Dieu ne plaise ...) et même en cas de fermeture de toutes les bibliothèques de France et de Navarre.
Ce qui donna naissance à ce néologisme barbare : la -ou les- PAL (oui, "pile-à-lire", même en toutes lettres ça reste moche) . Je serai définitivement snob pour ma part , je préfère parler d'étagères de livres, de rayonnages, ou tout simplement ...de bibliothèques.
Se pose alors le délicieux souci du rangement : par auteurs, par éditeurs, par format, par urgence ?
Pour une fois j'ai gardé mon âme d'enfant, je range par couleurs -oui, comme les bonbons, ou les gâteaux dans la vitrine du pâtissier, vert pistache, rose framboise, ivoire - ce qui en dit long, mais peut-être surtout sur ma gourmandise ?
Un paradoxe pour la bibliothèque d'un-dit grand-lecteur : les meilleurs livres risquent fort de ne plus y être...
Ils ont été prêtés , bien sûr, et ils ont tellement plu qu'ils ne sont pas revenus.
Il y a aussi les excellents livres qu'on a lu grâce à une bibliothèque, absents donc des étagères, et hélas, tous ces moins bons qu'on avait pourtant eu envie d'acquérir, qui les encombrent...
Ceux qui n'ont pas résisté aux outrages du temps (affolant de voir que les poches ne tiennent même pas le temps d'une vie de lecteur... impossible d'imaginer léguer sa bibliothèque, dans ces conditions, c'est vraiment déprimant )
Ceux qu'on possède en plusieurs exemplaires, non pas qu'on les ait lus, mais bien au contraire parce qu'on se promet régulièrement de les lire, à dix ans d'intervalle, et fort de cette résolution de bon élève , on les rachète, car on a oublié qu'on les avait déjà...
Je dirais donc que, de même qu'on ne saurait juger d'un professeur par ses élèves, de même nos bibliothèques nous représentent bien mal, et à tout le moins imparfaitement.
J'ai souvent le fantasme de bazarder tout ce qui ne vaut pas la peine, et racheter tous ces livres géniaux qui me manquent...
Parlons pour finir de ces bibliothèques rêveuses des maisons de campagne (je n'en ai pas) ou des locations un peu classieuses (plus dans mes cordes). Leur côté hétéroclite et décontracté génère parfois de jolies surprises, là où on n'attendait rien que quelques polars fatigués et deux ou trois autres nanars...
Et vous , comment les rangez-vous ? (à ceux qui ne sont pas tombés de la dernière pluie , cette question rappellera peut-être le délicieux "comment l'entendez vous ?" que sussurait Denise Glaser il y a ...)
Et parmi tous ceux-là beaucoup qui sont infiniment sensibles à l'objet-livre : sa jaquette, colorée - ou pas- son volume agréable à manipuler - chez certains éditeurs il atteint à une forme de perfection, je pense à certains titres chez Sabine Wespieser par exemple - sa typo, si fondamentale dans le confort de lecture - de même que la qualité du papier -ah, les éditions Gaïa, leur papier rose surprenant mais magique, hélas abandonné...- le plaisir pouvant prendre bien des visages, de la lecture un peu empesée d'un volume de la Pléiade, peut-être même à la table, par respect, au traitement limite brutal réservé à un poche qu'on trimbale un peu partout, dans un rapport intime et familier.
Et puis -et les blogueurs sont certainement sur-représentés dans cette catégorie- il y a les écureuils, ceux qui entassent des noisettes, en prévision, au cas où, de manière compulsive - les yeux plus gros que le ventre en somme, jamais expression n'aura paru plus adéquate- ceux qui pourraient tenir à l'aise un an ou deux si une catastrophe empêchait l'impression de nouveaux livres ( à Dieu ne plaise ...) et même en cas de fermeture de toutes les bibliothèques de France et de Navarre.
Ce qui donna naissance à ce néologisme barbare : la -ou les- PAL (oui, "pile-à-lire", même en toutes lettres ça reste moche) . Je serai définitivement snob pour ma part , je préfère parler d'étagères de livres, de rayonnages, ou tout simplement ...de bibliothèques.
Se pose alors le délicieux souci du rangement : par auteurs, par éditeurs, par format, par urgence ?
Pour une fois j'ai gardé mon âme d'enfant, je range par couleurs -oui, comme les bonbons, ou les gâteaux dans la vitrine du pâtissier, vert pistache, rose framboise, ivoire - ce qui en dit long, mais peut-être surtout sur ma gourmandise ?
Un paradoxe pour la bibliothèque d'un-dit grand-lecteur : les meilleurs livres risquent fort de ne plus y être...
Ils ont été prêtés , bien sûr, et ils ont tellement plu qu'ils ne sont pas revenus.
Il y a aussi les excellents livres qu'on a lu grâce à une bibliothèque, absents donc des étagères, et hélas, tous ces moins bons qu'on avait pourtant eu envie d'acquérir, qui les encombrent...
Ceux qui n'ont pas résisté aux outrages du temps (affolant de voir que les poches ne tiennent même pas le temps d'une vie de lecteur... impossible d'imaginer léguer sa bibliothèque, dans ces conditions, c'est vraiment déprimant )
Ceux qu'on possède en plusieurs exemplaires, non pas qu'on les ait lus, mais bien au contraire parce qu'on se promet régulièrement de les lire, à dix ans d'intervalle, et fort de cette résolution de bon élève , on les rachète, car on a oublié qu'on les avait déjà...
Je dirais donc que, de même qu'on ne saurait juger d'un professeur par ses élèves, de même nos bibliothèques nous représentent bien mal, et à tout le moins imparfaitement.
J'ai souvent le fantasme de bazarder tout ce qui ne vaut pas la peine, et racheter tous ces livres géniaux qui me manquent...
Parlons pour finir de ces bibliothèques rêveuses des maisons de campagne (je n'en ai pas) ou des locations un peu classieuses (plus dans mes cordes). Leur côté hétéroclite et décontracté génère parfois de jolies surprises, là où on n'attendait rien que quelques polars fatigués et deux ou trois autres nanars...
Et vous , comment les rangez-vous ? (à ceux qui ne sont pas tombés de la dernière pluie , cette question rappellera peut-être le délicieux "comment l'entendez vous ?" que sussurait Denise Glaser il y a ...)
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(rien ne m'apaise plus que de contempler mes livres du fond de mon lit ;-)
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