" J'aime les histoires, j'aime qu'on me raconte une vie depuis ses débuts, toutes les circonvolutions et tous les soubresauts dans les profondeurs du temps qui font qu'une personne se retrouve soixante ans, quatre-vingts ans plus tard avec ce regard, ces mains, cette façon de vous dire que la vie a été bonne ou mauvaise " (p.25)

C'est l'une des protagonistes de cette histoire qui parle ainsi ; mais on mettrait volontiers ces mots dans la bouche de Jocelyne Saucier, canadienne du Grand-Grand-Nord du pays, croisée par hasard et par chance au Festival America de Septembre dernier.
Je ne raffole guère des rencontres avec les auteurs ; ici , le dispositif en table rondes avec une problématique un peu large permettait de dépasser l'exercice pénible de la stricte promotion. Jocelyne Saucier, petite femme à la bonne bouille "à la Sempé" et à l'accent pittoresque, avait ainsi raconté s'être découvert sur le tard une parente à qui sa vie avait été volée : elle avait passé la majeure partie de celle-ci internée à tort en HP. L'auteur en avait été choquée et bouleversée...et voici la genèse du personnage de Marie-Desneige, qui illumine ce livre.
Si vous n'aimez pas les vieux, passez votre chemin, ici ils sont quatre, ayant pour des raisons différentes fait sécession avec la société : ils se sont retirés en pleine nature, dans des abris assez sommaires, au profond d'une forêt bien au nord du pays.
Certains sont des rescapés des Grands Feux de 1916 , qui ravagèrent l'Ontario et effacèrent plusieurs villages de la carte (et expliquent l'étrange titre ).
De grands traumatisés mais également de formidables résiliants, et parmi eux un artiste. Cette mini-communauté au départ exclusivement mâle va se trouver bouleversée par l'arrivée -ou faudrait-il dire l'irruption- de deux femmes...
C'est un peu improbable , mais c'est qui fait tout le sel de l'affaire, ce côté Papy-Into-The Wild ! Pas de lourde fable écolo mais bien plutôt une fable humaniste, où l'on garde dans un pot à gros sel un peu de strychnine -grâce à un passé de chasseur- afin d'être sûr de pouvoir quitter cette vie quand on le décidera. Ou l'entraide et le retour aux valeurs essentielles semblent opérer des miracles, sous l'apparente bougonnerie de ces taiseux. Bref, "une bande de frais vieillards" (Le Monde) bien réjouissante !
Je n'ai pas envie d'en raconter trop, pour que le charme du récit opère si comme moi vous profitez de la sortie en poche de cet opus (couverture beurk !) dont il me semble qu'il a été largement apprécié et commenté sur les blogs Cathulu, Aifelle, L'or rouge, La cause littéraire , parmi beaucoup d'autres.
Le récit est bien troussé, et ma foi, c'est une bien jolie histoire que nous compte là la cousine canadienne. Ils sont revigorants ces papys marginaux !
Le bonheur a besoin simplement qu'on y consente (p.216)
Avec quelques surprises et une fin optimiste, une histoire qui fait du bien.
Et ce n'est déjà pas si mal, ne trouvez vous pas ?
MIOR.
Ici une interview de l'auteur, assez générale, et ici une autre , plus axée sur le bouquin.
C'est l'une des protagonistes de cette histoire qui parle ainsi ; mais on mettrait volontiers ces mots dans la bouche de Jocelyne Saucier, canadienne du Grand-Grand-Nord du pays, croisée par hasard et par chance au Festival America de Septembre dernier.
Je ne raffole guère des rencontres avec les auteurs ; ici , le dispositif en table rondes avec une problématique un peu large permettait de dépasser l'exercice pénible de la stricte promotion. Jocelyne Saucier, petite femme à la bonne bouille "à la Sempé" et à l'accent pittoresque, avait ainsi raconté s'être découvert sur le tard une parente à qui sa vie avait été volée : elle avait passé la majeure partie de celle-ci internée à tort en HP. L'auteur en avait été choquée et bouleversée...et voici la genèse du personnage de Marie-Desneige, qui illumine ce livre.
Si vous n'aimez pas les vieux, passez votre chemin, ici ils sont quatre, ayant pour des raisons différentes fait sécession avec la société : ils se sont retirés en pleine nature, dans des abris assez sommaires, au profond d'une forêt bien au nord du pays.
Certains sont des rescapés des Grands Feux de 1916 , qui ravagèrent l'Ontario et effacèrent plusieurs villages de la carte (et expliquent l'étrange titre ).
De grands traumatisés mais également de formidables résiliants, et parmi eux un artiste. Cette mini-communauté au départ exclusivement mâle va se trouver bouleversée par l'arrivée -ou faudrait-il dire l'irruption- de deux femmes...
C'est un peu improbable , mais c'est qui fait tout le sel de l'affaire, ce côté Papy-Into-The Wild ! Pas de lourde fable écolo mais bien plutôt une fable humaniste, où l'on garde dans un pot à gros sel un peu de strychnine -grâce à un passé de chasseur- afin d'être sûr de pouvoir quitter cette vie quand on le décidera. Ou l'entraide et le retour aux valeurs essentielles semblent opérer des miracles, sous l'apparente bougonnerie de ces taiseux. Bref, "une bande de frais vieillards" (Le Monde) bien réjouissante !
Je n'ai pas envie d'en raconter trop, pour que le charme du récit opère si comme moi vous profitez de la sortie en poche de cet opus (couverture beurk !) dont il me semble qu'il a été largement apprécié et commenté sur les blogs Cathulu, Aifelle, L'or rouge, La cause littéraire , parmi beaucoup d'autres.
Le récit est bien troussé, et ma foi, c'est une bien jolie histoire que nous compte là la cousine canadienne. Ils sont revigorants ces papys marginaux !
Le bonheur a besoin simplement qu'on y consente (p.216)
Avec quelques surprises et une fin optimiste, une histoire qui fait du bien.
Et ce n'est déjà pas si mal, ne trouvez vous pas ?
MIOR.
Ici une interview de l'auteur, assez générale, et ici une autre , plus axée sur le bouquin.