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dimanche 19 avril 2015

" La folle du logis" de Rosa Montero

folle du logisEditions Métailié  
200 pages/18 euros
Jamais paru en poche, depuis 2004, alors qu'il est un grand succès de cet auteur.  
:-( 


C'est à cause de Sainte Thérèse d'Avila. 
Ce titre surprenant. 
Oui, c'est elle qui disait que "l'imagination est la folle du logis" . 
L'imagination qui s'oppose à la raison, scrupuleuse et terre-à-terre.
 L'imagination qui permet de décoller, et de transcender, transformer, sublimer ce qui fait le tissu de nos jours. 

Dans la courte nuit de la vie humaine, la folle du logis allume des chandelles.

(...) Etre romancier, c'est cohabiter harmonieusement avec la cinglée du dernier étage

Lu peu après "L'idée ridicule de ne plus jamais te revoir" qui m'avait enthousiasmée, ce bouquin est du même type : riche, fantasque, mené tambour battant, c'est un essai et un témoignage, une sorte de bordel très bien organisé.

Rosa Montero y convoque Conrad, Kipling, Goethe, Stevenson, Tolstoï, Verlaine, Rimbaud, dont elle scrute les existences d'hommes et d'hommes de lettres, avec ce côté "au fil de la plume" qui fait tout son charme. 
Un chapitre très intéressant : pourquoi un écrivain se perd-il ? (Melville, Walser, Capote dont elle dit qu'il s'est littéralement effiloché )

L'écrivain -qui est aussi une "bête de lecture"- écrit sans cesse, au moins dans sa tête. 
Le romancier écrit en quelque sorte "contre la mort", souvent aussi contre l'angoisse et la folie. 
A moins qu'il ne soit femme lui-même, il est souvent flaqué d'une "épouse d'écrivain", 
généralement vouée aux gémonies par les admirateurs de celui-ci ( Fanny Stevenson, Sofia Tolstoï pour ne citer qu'elles...)

"le romancier , cet être doté d'une personnalité aux coutures un peu lâches et d'une tendance à la dissociation" ...

Beaucoup d'humour dans ces pages :
la passion amoureuse et le métier littéraire ont de nombreux points communs . En fait, écrire des romans est ce que j'ai trouvé de plus ressemblant avec le fait de tomber amoureuse (ou plutôt le seul) avec un avantage non négligeable : dans l'écriture, la collaboration d'une tierce personne n'est pas nécessaire.

Mais, l'air de galéjer, Rosa Montero, au fil de ce bouquin savoureux et riche, se livre à une analyse plus fine de l'art du roman que ce billet ne le laisse peut-être entendre.

Pour illustrer son "métier", son savoir-faire, R.M va aussi nous balader, nous lecteurs naïfs -et pourtant-  en nous narrant , trois fois dans le volume, la même "tranche de vie"... mais avec des différences notables. 
Au premier retour de l'anecdote, on lève une oreille, momentanément déconcerté...au deuxième, on éclate de rire , elle nous a bien eus !

Ce jeu avec la narration, le mentir-vrai et le raconter-faux, ce talent de perdre le lecteur dans un récit plus vrai que nature, voilà bien une expérience jubilatoire où l'imagination est au pouvoir ! 

Je me suis rappelé à ce moment-là l'énorme claque que fut pour moi la lecture de "La trilogie des jumeaux " d'Agota Kristof, entièrement bâtie sur une histoire qui ne cesse de se dérober pour mieux se vérifier ensuite (à moins que ça ne soit le contraire ;-)

La réalité est toujours ainsi : paradoxale, incomplète, débraillée. C'est pourquoi le roman est le genre littéraire que je préfère, celui qui se prête le mieux au caractère décousu de la vie. La poésie aspire à la perfection, l'essai à l'exactitude, le drame à l'ordre structurel. Le roman est l'unique territoire littéraire où règnent la même imprécision, la même démesure que dans l'existence.

Un très bon moment de lecture, vraiment ! 

(le paradoxe du lecteur mordu: se plonger dans des livres qui parlent des livres ;
Et il y en a beaucoup ;-)

MIOR.

Lisez l'excellentissime billet de Miss Léo , plus complet probablement que le mien




lundi 16 février 2015

"L'idée ridicule de ne plus jamais te revoir " de Rosa Montero

Alors voilà , j'étais dans la vraiment-toute-petite-librairie de celui que je n'appelle jamais que "le petit libraire" par association d'idée, et je flânais. 
Je bavardais avec lui des derniers choix du Club de lecture, je tripotais un volume, le reposais...et c'est par l'oeil que ça a commencé :




Cette ballerine gracieuse et délicieusement potelée, ce titre charmant et énigmatique...

"Jamais lu , dis-je. 
- Moi , pas celui-là, me répondit-il, mais Montero, vous pouvez y aller les yeux fermés. "

Quel humour dans cette prescription, mais surtout quelle chance ! 

Ce livre est une petite merveille qui vient de réchauffer ma vie durant trois jours 
(j'ai fait durer les cent soixante dix pages ;-) 

Ces quelques mots du titre sont en fait de Marie Curie.
Elle perd Pierre, son époux, ami et partenaire de recherche en 1906 . 
Usé par leurs travaux, endolori jusqu'aux os par la radioactivité, il glisse sous la pluie et passe sous une voiture à cheval, l'animal l'évite, pas la roue.

Il n'a que quarante six ans, elle trente-huit, et entre eux dix ans d'une très belle union. 

 Marie est profondément atteinte, elle serre les dents pour ses deux filles et devient cette figure triste et austère que nous avons toujours vue sur la plupart des photos.
Elle tient un journal durant la première année de son deuil. 
Oh, quelques feuillets seulement, mais simples et intenses, comme elle.

En 2012, Rosa Montero est en deuil de son époux, elle aussi. 
Elle patine, n'arrive plus à écrire. 
C'est à ce moment précis que son éditrice lui propose de préfacer le journal de Marie Curie. 
La rencontre va faire des étincelles...

La sainte de ce livre est Marie Curie. J'ai toujours trouvé cette femme fascinante, comme pratiquement tout le monde d'ailleurs, car c'est un personnage hors norme et romantique qui semble plus grand que la vie. (p.12)

Rosa Montero lit toutes les bios de Marie Curie et se lance. 

Voici en quelques mots la genèse de ce texte qui se penche sur le veuvage -un sujet plutôt casse-gueule et à ce titre pas si souvent abordé- et plus largement la perte. 
Le tout en vous filant une patate d'enfer , ce qui est tout de même fou !!

C'est vivant, c'est brillant, c'est éminemment digressif et passionné, quel plaisir !

Extraits :

L'art est une blessure qui devient lumière, disait Georges Braque. Nous avons besoin de cette lumière, pas seulement nous qui écrivons ou peignons ou composons de la musique, mais également nous qui lisons et contemplons des tableaux  et écoutons un concert. Nous avons tous besoin de beauté pour que la vie soit supportable. Fernando Pessoa l'a très bien exprimé : "La littérature, comme toute forme d'art, est l'aveu que la vie ne suffit pas." Elle ne suffit pas, non. C'est pour ça que je suis en train d'écrire ce livre. C'est pour ça que vous êtes en train de le lire. (p.31)

La Mort joue avec nous à un-deux-trois-soleil, ce jeu où un enfant compte face à un mur et les autres essaient d'arriver à toucher le mur sans que l'enfant les voie quand ils se déplacent. Eh bien, c'est la même chose avec la mort. Nous allons, nous venons, nous aimons, nous détestons, nous travaillons, nous dormons : autrement dit, nous passons notre vie à compter comme le garçon du jeu, occupés et distraits, sans penser que notre existence a une fin. Mais de temps en temps nous nous rappelons que nous sommes mortels et nous regardons alors en arrière, effrayés, et la Parque est là, souriante, immobile, bien sage, comme si elle n'avait pas bougé, mais plus près, un tout petit peu plus près de nous. Et ainsi, chaque fois que nous nous déconcentrons et que nous vaquons à autre chose, la mort en profite pour faire un bond et se rapprocher. Jusqu'à ce que le moment arrive où, sans nous en apercevoir, nous avons épuisé tout notre temps. Et nous sentons le souffle froid de la Mort sur notre nuque et, l'instant d'après, sans même nous avoir donné l'occasion de nous retourner encore une fois, sa griffe touche notre mur et nous sommes à elle. (p.95)

Même s'ils ne réussirent à isoler le radium qu'en 1902, ils firent la découverte du nouvel élément bien plus tôt. Au cours de cette même année 1898, peu de temps après avoir commencé, en quelques mois seulement de travail acharné, les Curie trouvèrent d'abord le polonium, quatre cents fois plus radioactif que l'uranium, et peu après le radium, qui, dirent-ils, était neuf cents fois plus radioactif, mais qu'il soit en réalité trois mille fois plus puissant. Le 26 Décembre 1898, ils informèrent l'académie des sciences de leur trouvaille et devinrent aussitôt assez célèbres, mais rien de comparable avec ce qui viendrait après le Nobel. Ce radium resplendissant et puissant enflamma l'imagination des êtres humains : c'était le principe même de la vie, une pincée de l'énergie du cosmos, le feu des dieux apporté sur la Terre par ces nouveaux Prométhée qu'étaient les époux Curie. Des scientifiques du monde entier se mirent immédiatement à rechercher des applications médicales de leur découverte, comme, par exemple, soigner les tumeurs cancéreuses (on utilise encore aujourd'hui la radiothérapie dans le même but, sauf que la source radioactive n'est plus le radium mais le cobalt) , et l'enthousiasme atteignit des niveaux si élevés que ce nouvel élément commença à être dangereusement et inconsciemment utilisé pour tout, comme s'il s'agissait d'un baume magique. 
Par exemple, on rajouta du radium dans les cosmétiques : dans des crèmes pour le visage qui vous gardaient soi-disant éternellement jeunes, dans des rouges à lèvres, dans des lotions pour renforcer et embellir la chevelure, dans des dentifrices pour rendre les dents très blanches et foudroyer les caries, dans des onguents miraculeux contre la cellulite. Une publicité de la crème Alpha-Radium disait: "La radioactivité est un élément essentiel pour garder les cellules de la peau saines." (p.89/90)

La douleur véritable est indicible. Si vous pouvez parler de ce qui vous angoisse, vous avez de la chance : ça veut dire que ce n'est pas si important. Parce que , quand la douleur s'abat sur vous sans palliatifs, ce qu'elle vous arrache en premier c'est les #Mots. Il est probable que vous reconnaissiez ce que je dis : vous l'avez peut-être vécu, car la souffrance est une chose très commune dans toutes les vies (comme la joie). Je parle de cette douleur qui est tellement grande qu'elle ne semble même pas naître à l'intérieur de vous, c'est plutôt comme si vous aviez été enseveli par une avalanche. Voilà comment vous vous trouvez. Tellement enterré sous des tonnes de tristesse rocheuse que vous ne pouvez même pas parler. Vous êtes sûr et certain que personne ne va vous entendre. (p.23)  

La deuxième chose difficile à comprendre de Marie Curie, c'est son silence total quand il s'agit de parler des problèmes supplémentaires qu'elle a dû affronter du fait d'être une femme. Jamais elle n'a mentionné, même pas en passant, le machisme évident et féroce de la société dans laquelle elle vivait, et jamais elle n'a souligné les injustices particulières dont elle a elle-même souffert, qui furent nombreuses. (p.110)
Simone de Beauvoir appelait femmes-alibi ces femmes qui, après avoir triomphé avec de grandes difficultés dans la société machiste, se prêtaient à être utilisées par cette même société pour renforcer la discrimination. Et ainsi, leur image était renvoyée aux autres femmes avec le message suivant : " Vous voyez ? Elle, elle a triomphé parce qu'elle en est capable. Si vous, vous n'y arrivez pas, ce n'est à cause d'un empêchement sexiste, mais parce que vous n'en êtes pas capables." Est ce que Marie Curie a été une femme-alibi ? (p.111)

Je vais vous laisser le plaisir de découvrir la suite ! 

Et pour ma part je suis très heureuse de "pépiter" ce livre, récit, confession, méditation et médicament aussi, chez notre amie Galéa et son fameux...



MIOR.

samedi 6 décembre 2014

" Hérétiques " de Léonardo Padura

Il y a ce titre qui claque , ce beau volume imposant, et surtout cette photo qui vous happe en couverture pour ne plus vous lâcher...




Première incursion dans le monde de Leonardo Padura, qui écrit des polars mâtinés de romans historiques, le tout dans une sauce cubaine bien relevée. 

Six cent pages tout de même...
ça a tout l'air d'un page-turner mais j'ai mis beaucoup (trop?) de temps à le lire.


Dès le départ, on se dit que ce serait bien de pouvoir lire dans le texte : en espagnol, ça doit sonner, claquer, avec une rapidité d'élocution digne d'un film d'Almodovar. 

Ce qui semble terriblement bavard en français doit passer du côté survolté en espagnol, cette langue si électrique.     



                                                                                                                                    Le livre pourra passionner à juste titre ceux qui s'intéressent à la grande Geste du peuple juif. 
Scène d'ouverture : dans le port de la Havane,le 27 Mai 1939, arrive le Saint-Louis, paquebot parti de Hambourg quinze jours auparavant, avec neuf cent trente sept juifs à son bord, autorisés à émigrer par le gouvernement national-socialiste allemand. 
Sur le quai , le petit Daniel Kaminsky , huit ans, déjà exfiltré à Cuba sous la protection de son oncle Joseph . 
A bord , son père , sa mère et sa soeur. 
Ils n'arriveront jamais à débarquer.
Les représentants cubains mêlant l'appât du gain à la corruption la plus éhontée, n'arrivant à dégager assez de profit dans cette affaire, renverront ces pauvres gens vers l'enfer dont ils croyaient s'échapper . 
L'épisode est historique et calamiteux (voir ici)

Sur cette base avérée, Padura bâtit une intrigue mêlant un tableau volé, un jeune juif hantant l'atelier de Rembrandt dans les années 1640, hérétique au regard de l'interdiction de représenter le visage de Dieu -et partant, encore plus de cet improbable prophète se disant messie- des pogroms en 1648 en Europe, un héritier des années 2000 souhaitant avant tout connaître la vérité sur sa lignée, avec pour guide Mario Conde, ex-flic cubain vivant de combines un peu improbables et carburant à l' amitié et au rhum. 

Cela a l'air confus ? Oui, ça l'est un peu ...

La première partie -Le Livre de Daniel, deux cent pages- tourne autour de la famille Kaminsky et du drame du St Louis ; je me passionne , j'apprends des choses, je tique un tout petit peu sur le mélange tragédies de l'histoire et enquête, mais à ce stade mon volume est hérissé de post-it et mon intérêt vif , même si j'ai du mal à ingurgiter plus de trente pages à la fois .

Bon , c'est l'hiver , il fait froid et je piquerais du nez de toute façon, même s'il n'y avait
 ces phrases longues et alambiquées qui "font grumeau" et alourdissent la lecture ? 

Dans la deuxième partie -Livre d'Elias, cent cinquante pages- retour à Amsterdam, 1645, ambiance "jeune fille à la perle" ou plutôt "jeune homme à l' huile de lin". 

Elias veut peindre, à force d'opiniâtreté il arrivera à faire éclore son talent et produire cette toile signée Rembrandt ( comme le maître le faisait quand le travail de l'élève était excellent) qui sera trois siècles plus tard le viatique de la famille Kaminsky dans son errance. 

Ce livre est poétique et ne manque pas de charme . Encore des post-it.

Le troisième livre -Judith, plus de deux cent pages- nous ramène à Cuba et à la contemporanéité : les difficultés des cubains à s'en sortir, leur dignité, la tentation de fuir vers la Floride, la jeunesse qui plus qu'ailleurs peut-être peine à trouver du sens à sa vie et se tourne  vers des mouvements mêlant un fond de punk-isme avec un folklore de type manga (les "émos" , j'avoue , je ne connaissais pas )

Et toujours la quête du tableau dérobé, et la quête de vérité, l'orthodoxie et l'hérétisme, mais là zut , plus de post-it, c'est trop .
Bizarre , ce livre qui va decrescendo .
Dommage même car il y a de très bons moments, un ton, une truculence  et un humanisme réjouissants. 

Padura a un coeur gros comme ça, son Colombo alter ego aussi sans aucun doute.
Mais quelque chose n'a pas tout à fait fonctionné pour moi, alors même qu'au début de ma lecture j'ai pensé que j'allais enfin avoir quelque chose à promouvoir au rang de pépite chez Galéa .

Caramba , encore raté...



Extraits :

...cette capacité des cubains à vivre chaque situation comme s'il s'agissait d'une fête lui semblait une façon beaucoup plus amène de passer sa vie sur terre et d'obtenir de ce transit éphémère le meilleur de ce qu'il pouvait offrir. Là, tout le monde riait, fumait, buvait de la bière, même durant les veillées funèbres ; les femmes, mariées, célibataires ou veuves, blanches ou noires, avaient une démarche cadencée et perverse et s'arrêtaient en pleine rue pour bavarder avec des connaissances ou des inconnus ; les Noirs gesticulaient comme s'ils dansaient et les Blancs s'habillaient comme des proxénètes. Tous, hommes et femmes, se regardaient dans les yeux. Et même quand les gens s'agitaient frénétiquement, en réalité personne ne semblait avoir une raison de se presser
...
Tu sais , si être juif a pu avoir un sens, c'est justement celui d'être un autre, une façon d'être autre qui, même si bien des fois elle n'a pas fonctionné pour les juifs, a survécu à trois millénaires de harcèlement. Et c'est que les nationaux-socialistes allemands désiraient le plus : être autres et éternels, avoir un sentiment d'appartenance à une communauté aussi fort que celui des juifs ... Et pour y parvenir, ils devaient les faire disparaître de la face de la terre.
...
Pendant des années , j'ai même réussi à enterrer les douleurs du passé et à vivre en regardant vers l'avant, seulement vers l'avant. Ce qui est pénible, c'est qu'au moment où tu t'y attends le moins, même ces douleurs que tu croyais avoir surmontées sortent un jour de leur fosse et te touchent l'épaule. Alors tout peut foutre le camp, même le bonheur, et après ce n'est pas facile de le récupérer
...
Le fait que, dans l'ambiance permissive d'Amsterdam, de plus en plus d'Hébreux se mettent à distinguer, ou à prétendre distinguer, les domaines de la religion de ceux de la vie privée  était -au dire des orthodoxes- un gigantesque péché teinté des couleurs de l'hérésie : oui, le judaïsme était une religion, mais aussi une morale et une règle, il devait donc régir chaque de l'homme, aussi minime fût-il et en apparence aussi éloigné des préceptes religieux, car tous ces actes, d'une façon ou d'une autre , étaient réglementés par la Loi
... 
Il posa  la lettre sur le défunt poste de télévision russe qu'il ne se décidait pas à jeter et, sentant le poids de la nostalgie ajouté à celui de ses frustrations les plus criantes et les plus tenaces, il se dit que le meilleur moyen de supporter cette conversation inattendue était de l'arroser d'alcool

Tiens , oui, un petit godet , je l'ai bien mérité , non ?

MIOR