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dimanche 22 mars 2015

Virginia Woolf vs Vita Sackville-West : ORLANDO

Match amical de dames . 

Comme par hasard :
"Orlando" de Virginia Woolf m'attendait depuis très longtemps sur mes étagères.
Et ce mois-ci, nous avions choisi Vita Sackville West au Club de lecture.


Un voyage à Rome ; je décidai de partir avec ces deux grandes ladies. 

Je savais qu'Orlando était un hommage voire un portrait sublimé de la seconde par la première.
Les deux femmes se sont aimées, d'amour dès 1925, d'amitié avant et toujours
(un bel article ici )

Dans la préface de mon vieux livre de poche "Biblio" d'Orlando, par Diane de Margerie : 

Personne sans doute ne devait lui faire éprouver cette "force rayonnante des femmes entre elles" mieux que Vita Sackville-West. Poétesse, romancière, celle-ci appartenait à la prestigieuse famille des Sackville qui possédait le château de Knole depuis que la reine Elizabeth l'avait donné, au XVIième siècle, à son cousin Lord Thomas Sackville. Virginia avait fait la connaissance de Vita en 1922 ; elle avait alors quarante ans et Vita trente ; les deux femmes furent immédiatement attirées l'une vers l'autre , et il est révélateur que ce soit la plus jeune qui ait éprouvé pour l'aînée les sentiments d'une mère : Virginia, dont on sait qu'elle avait déjà traversé la folie à plusieurs reprises, avoue trouver en Vita "la protection maternelle qu'elle recherche par-dessus toute chose".


Virginia en 1927  , et ...
Vita peinte par William Strang en 1918 !

Orlando est une fable , un conte, une fantaisie littéraire. 
Son héros vivra plusieurs vies, dans les deux sexes, homme d'abord puis femme, pendant plus de trois cents ans : 
"le XVI ième siècle avait encore quelques années à vivre" quand débute le récit qui se termine au "douzième coup de minuit, le jeudi onze octobre mil neuf cent vingt-huit" (date réelle du point final évidemment !)

Orlando est vraiment une oeuvre à part, une sorte de parenthèse, serait-on tenté de dire.
Récit picaresque, assez joyeux, improbable et quelque peu foutraque.

Le ton étonne chez cette auteur réputée difficile, introspective jusqu'au vertige, dont les livres les plus célèbres -Mrs Dalloway, La promenade au phare , Les Vagues- s'attachent plutôt au versant tragique de l'existence, avec une hyper sensibilité exacerbant le plus petit état d'âme et le disséquant presque. 

Rien de tel ici : Orlando est un jeune noble de seize ans habitant "une maison si vaste que le vent lui-même y semblait pris au piège, soufflant d'ici, soufflant de là, hiver comme été". 
Il a du bien , il a des terres, et dans cette période élisabéthaine cherche - plus qu'un sens à sa vie-  de quoi s'occuper, car il est assez instable. 
Il procède par toquades.
Bien sûr vient d'abord l'amour : après quelques "mises en jambe" Orlando s'éprend éperdument d'une belle moscovite , Sacha . 

...Echauffés par le patinage et l'amour, ils se jetaient à même la glace dans quelque crique solitaire aux rives frangées d'osiers jaunes ; un vaste manteau de fourrure les enveloppait tous les deux : Orlando étreignait la princesse et pour la première fois, chuchotait-il, connaissait les joies de l'amour. Puis, lorsque l'extase avait fui, et qu'ils gisaient, bercés, sur la glace, dans le plus doux évanouissement, il lui parlait de ses autres passions, lui confiait comment, comparées à ceci, elles n'avaient été que bois, toile de sac et cendres. Et riant de sa véhémence, elle se jetait une fois de plus dans ses bras et lui donnait, pour l'amour de l'amour, une étreinte nouvelle. Ils s'émerveillaient alors que la glace ne fondît pas à leur chaleur ...

Mais hélas, la belle se révélera traîtresse... 
Jurant, mais un peu tard, qu'on ne l'y reprendra plus Orlando va chercher à se consoler à travers les livres, et le démon de l'écriture le piquera également (pour le restant de ses jours d'ailleurs)
Ensuite ce sera la passion de la Nature (mais on s'ennuie vite) puis la passion du Décor, coûteuse (hilarant)

Pourtant , comme il passait en revue les galeries, il eut l'impression d'un certain vide. Des fauteuils et des tables, tout dorés, tout sculptés qu'ils soient ; des sofas, même s'ils reposent sur des pattes de lion ou des cols de cygne ; des lits, fussent-ils même en duvet de cygne le plus doux, ne nous satisfont pas s'ils demeurent vacants. Des gens assis, des gens couchés, les améliorent étonnamment. Aussitôt donc, Orlando inaugura une série de réceptions magnifiques où se rencontrèrent toute la noblesse et la gentry du voisinage. D'un seul coup, les trois cent soixante cinq chambres furent pleines pour un mois.

Vite insupportable également... Orlando fuit.
Ce sont maintenant voyages et vie d'ambassadeur, à Constantinople. 

Tout cela est haut en couleurs, certes, mais bizarrement j'ai perdu pied à ce moment-là... cela semblait tourner à vide soudainement, après cent cinquante pages assez réjouissantes.

Damned ! Juste au moment où :

Orlando était devenu femme -inutile de le nier. Mais pour le reste, à tous égards, il demeurait le même Orlando.
 Il avait, en changeant de sexe, changé sans doute d'avenir, mais non de personnalité .

Je m'explique mal pourquoi j'ai totalement décroché dans la deuxième partie du récit.

Certes je ne m'attendais pas à ce que Virginia traite de la question du genre ! ou se laisse aller à des considérations sur la sexualité. 
Peut-être pensais-je en revanche que la maternité serait accordée à son héroïne... et clairement espérais-je une sorte de "confrontation" des deux sexes -Virginia Woolf me semblant avoir fort à dire sur le sujet- 
"Orlanda" m'a déçue, en quelque sorte ; après la fantaisie du jeune homme Orlando je ne l'ai pas trouvée vraiment "incarnée", ce qui est tout de même un comble .

Je me suis alors sentie lassée par le procédé d'écriture, la mise à distance des "vrais" problèmes par un ton léger et persifleur. 
Vanité, tout n'est que vanité, songeai-je ...

Il faut redire ici qu'Orlando est vraiment un opus atypique dans l'oeuvre de Virginia Woolf. Probablement faut-il être dans une certaine humeur -badine- pour apprécier ce récit. Quelque chose n'a pas fonctionné pour moi, en tout cas, quelque (grande) admiration -voire fascination- je garde pour l'auteur(e)

Je reviendrai très bientôt vous parler de Vita, maintenant, dont "Toute passion abolie"  me permit la découverte ...et m'enchanta ...

MIOR









mercredi 14 janvier 2015

" Martin Eden " de Jack London

Une semaine s'est passée depuis le terrible 7 Janvier 2015, une date que nous n'oublierons certainement pas. Après le temps de l'émotion viendra celui de la réflexion. Nous avons du travail ...

Mais puisque la culture est un des remparts contre le fanatisme et la barbarie -du moins peut-on continuer à l'espérer- lisons, partageons, bagarrons nous -mais alors très gentiment...- et enthousiasmons nous, encore et encore...




MARTIN EDEN (JACK LONDON) dans auteurs américains martin+eden-couverture

Quel type , ce Martin ! J'avoue être tombée sous le charme très vite. 

L'oeuvre de Jack London, j'avoue que je ne la connaissais pas, c'était un peu "into the wild" et pas grand chose de plus dans mon imaginaire.

Eh bien si, et ce Martin Eden m'a passionnée.

Oakland, Californie, vers 1900. 

Martin Eden , jeune type de vingt et un ans issu de la classe laborieuse la plus modeste, rencontre une jeune fille de bonne famille, Ruth Morse -il a sauvé son frère d'une rixe fâcheuse. 
C'est le choc, amoureux mais peut-être plus encore, culturel et social :

Il était donc à la fois perturbé par sa propre inadéquation et charmé par tout ce qui se passait autour de lui. Il découvrait qu'un repas pouvait être autre chose qu'une fonction alimentaire. Il ne savait pas ce qu'il mangeait. Pour lui ce n'était que de la nourriture. A cette table où manger était un acte esthétique -et même intellectuel- il se repaissait de beauté. C'était surtout son esprit qui était en appétit. Il entendait des mots dont il ignorait le sens, d'autres qu'il n'avait rencontrés que dans des livres et qu'aucun homme ou femme de sa connaissance n'eût été capable de prononcer. Chaque fois que de tels mots tombaient négligemment des lèvres d'un membre de cette merveilleuse famille -sa famille à elle- il était en extase. La beauté idyllique et l'élévation spirituelle devenaient réalité. Il était dans cet état rare et béni que l'on éprouve en voyant ses rêves quitter les châsses du fantasme pour entrer dans le domaine des faits .

Les parents de Ruth , tout en surveillant bien sûr du coin de l'oeil, ne s'opposent pas formellement à ce qu'elle revoie ce drôle de gaillard, baraqué, buriné, qui raconte ses aventures de marin. Il a quelque chose d'exotique, et ma foi , Ruth a déjà vingt-quatre ans et ce n'est pas une mauvaise chose qu'elle "s'éveille" .

Martin, à qui l'amour donne des ailes, a un appétit de vie et de connaissances hors du commun. 
La donzelle, faisant des études de lettres, commence par corriger ses fautes de syntaxe ? Martin se plonge dans l'étude de la grammaire et parle bien tôt aussi bien voire mieux qu'elle. 
Tout est à l'avenant : il décide d'explorer bien des domaines, d'un éclectisme total, dévorant tout ce qui lui tombe sous la main, fréquentant à présent les bibliothèques, rationalisant ses apprentissages, se restreignant bientôt à quatre maigres heures de sommeil car la tâche est immense. 

Et bientôt, sa décision est prise : il sera écrivain. Récit de voyage pour commencer. Facile.

Son récit fut achevé en trois jours frénétiques. Mais, quand il l'eut recopié soigneusement, dans une large écriture facile à lire, il découvrit l'importance et la fonction des paragraphes et des guillemets dans un manuel de rhétorique glané à la bibliothèque. Il n'avait jamais pensé à ces détails. Il se mit donc en devoir de réécrire son article en se conformant aux préceptes du manuel et en apprit davantage en un jour qu'un écolier moyen en un an.

Martin , c'est LA figure de l'autodidacte. 

Martin Eden avait toujours été dévoré de curiosité. Il voulait savoir. C'était pour cela qu'il avait couru le vaste monde.

Certes, il s'instruit pour "mériter" Ruth et se hisser à son niveau -il croit naïvement que cela suffira pour être accepté dans son milieu...- mais plus fondamentalement, dès qu'il commence à étudier, son incroyable appétence lui ouvre des horizons merveilleux qu'il ne songe plus qu'à investir totalement au prix de grands sacrifices, lui qui est pauvre à lécher les murs.

Le mythe de Pygmalion est ici inversé : pour une fois c'est une femme qui favorise l'accès à la connaissance -bien qu'elle même ne soit pas réellement d'une grande intelligence, au fond, bien trop bourgeoise et convenue pour cela, et ne connaissant rien de la vie, pour le coup...  ( La bourgeoisie est timorée. Elle a peur de la vie. )

Il redevenait de la glaise entre ses mains, aussi désireux d'être modelé par elle qu'elle l'était de le façonner à l'image de son idéal masculin. Et, comme elle lui faisait remarquer l'opportunité du moment, les examens d'entrée au collège commençant le lundi suivant, il déclara sans hésiter qu'il s'y présenterait. 

Bientôt Martin découvre la philosophie évolutionniste et la sociologie , au travers de l'oeuvre d'Herbert Spencer (à l'époque plus connu que Darwin). Il se passionne pour les idées socialistes, veut tout embrasser et s'il renonce à l'étude du latin, ce n'est que par manque de temps ...
Le livre se perd parfois en digressions, débats d'idées, qui certes l'alourdissent mais lui permettent également de s'affranchir des codes du classique roman d'amour. 

Il est clair que Martin est un alter de Jack London , lui-même baroudeur , ayant pratiqué tous les métiers et beaucoup traîné sa bosse avant de découvrir sa vocation littéraire, et devenir un des premiers écrivains "à succès" de son vivant.

Un passage assez hallucinant de réalisme nous raconte quelques mois passés à travailler comme blanchisseur, à un train d'enfer, jusqu'à l'abrutissement total qui vous fait inévitablement tomber dans la boisson :

La boisson n'était que l'effet, ce n'était pas la cause. Elle suivait le travail aussi inévitablement que la nuit suivait le jour. Ce n'était pas en se transformant en bête de somme qu'il atteindrait les cimes, tel était le message que lui murmurait le whiskey.

Car enfin , Martin n'arrive pas à percer. 
Les éditeurs lui renvoient impitoyablement ses manuscrits, ils se ruine en timbres et accumule les refus , retravaillant ses textes , sûr de progresser , sûr aussi de ne pas vouloir lâcher. Il connaitra la faim, le vélo mis au clou , ou pire, son seul bon costume, ce qui l'empêche d'aller diner chez Ruth (double malheur...)

Ce sont des mois et des années de galère, nous finissons comme lui par être harassés, abrutis de fatigue, quand à la page 378... arrive enfin le succès .
Mais pour Martin , qui a connu des revers dans sa relation avec Ruth, c'est trop tard. Il subit un effondrement subit, malgré l'argent qui coule enfin à flots, et la reconnaissance tant attendue. 

Martin Eden , c'est le récit d'un homme qui s'enfante tout seul, qui s'extrait à la force du poignet d'un milieu fruste pour acquérir une VRAIE intelligence , pas un vernis intellectuel qui fait illusion. C'est le récit de la vie comme apprentissage, fondamentalement. 

Martin est un personnage profond , honnête, passionné, parfois partial, avec des marottes, des entêtements magnifiques, et cette volonté, superbe , qui lui permet de passer là où d'autres finiraient par mordre la poussière. 

Bon sang , que je l'ai aimé, ce gars là !

Volontairement je ne vous raconterai pas la fin , de façon à vous laisser une fraîcheur de lecture, je vous dirai juste que je l'ai trouvée magnifique.
Et j'ai compris pourquoi Martin Eden était le livre de chevet d'un ami perdu...

MIOR.


dimanche 25 mai 2014

" Ce que savait Maisie " d 'Henry James



Ce que savait Maisie par James
Bon sang, pourquoi ai-je eu tant de mal ?...
Ce livre m'attendait sagement dans ma Pal depuis un bon moment, et des amies de mon club de lecture m'en avaient plusieurs fois parlé avec une sorte d'effroi et d'extase mêlés dans la voix...

L'histoire : Londres,dans les dernières années du 19ième siècle. 
Maisie, six ans, est l'enfant unique d'un couple désuni. 

Le jugement de divorce intervint " et disposa de la fillette d'une manière digne du tribunal de Salomon. Elle était coupée par moitié, et les tronçons jetés impartialement aux deux adversaires.(..) 
Chaque spectateur se se rendait clairement compte que le seul lien entre son père et sa mère était cette situation qui la transformait en une coupe d'amertume, une profonde petite tasse de porcelaine où de mordants acides pouvaient être versés. Ses parents n'avaient pas voulu d'elle pour le bien qu'ils pourraient lui faire, mais pour le mal qu'ils pourraient se faire l'un à l'autre, grâce à son aide inconsciente. Elle servirait leur colère et scellerait leur vengeance (...) nous annonce tout bonnement  le narrateur dans le prologue.

Henry James a ailleurs expliqué la genèse de l'œuvre :
"quelqu'un avait par hasard mentionné devant moi, la manière dont la situation de la  enfant d'un couple divorcé avait été affectée par le remariage d'un de ses parents... La loi de sa petite vie, cette alternance des séjours chez le père et chez la mère, se trouvait contrariée par la mauvaise volonté du nouveau conjoint. Alors que jusque là le père et la mère se seraient disputé agressivement l'enfant, soudain l'époux remarié ne penserait plus qu'à s'en débarrasser et à la laisser, au-delà du temps prescrit, sur les bras de l'adversaire ; acte de mauvaise foi qui éveillerait le ressentiment de l'autre et lui inspirerait le désir de se venger par une tricherie de même nature. La pauvre enfant se trouverait ainsi pratiquement désavouée, rebondissant de raquette en raquette comme une balle de tennis ou un volant. Cette image ne pouvait que toucher l'imagination et lui apparaître comme le commencement d'une histoire...Je me souviens d'avoir aussitôt pensé que,  pour assurer une symétrie convenable, le second conjoint devrait se remarier aussi."

Tant de noirceur , d'inconstance et de cruauté ne seraient pas si modernes finalement ... Et ce qui serait plutôt de notre temps serait la notion d'intérêt supérieur de l'enfant et le respect que l'on cherche à lui garantir en tant que personne à part entière, dans les jugements de divorce contemporains.

Alors, certes, le sujet semble passionnant, quoique malsain et inconfortable. 
Mais,fichtre, que ce récit m'a semblé long ! De fait , pas loin de quatre cents pages.
 Il faut dire qu'il a paru d'abord en feuilleton, en 1897, ceci explique peut-être cela. 
On ne saurait probablement incriminer la traduction de Marguerite Yourcenar, mais le style est curieusement inégal, tantôt fulgurant mais aussi parfois un peu flou au contraire (il m'est arrivé de relire plusieurs fois une phrase pour comprendre ce qu'elle voulait vraiment dire)

La narration prétend représenter le point de vue de Maisie, son ressenti ; ce but n'est que partiellement atteint, à mes yeux, tant il est difficile de parler pour un enfant, en son nom. Ce qui est vrai  en revanche, c'est qu'on finit par se sentir comme elle totalement désorienté, bousculé, déstabilisé. Nié pratiquement. Maisie devient tour à tour un enjeu et un boulet pour des parents indignes et des beaux-parents qui ne le sont pas moins. Immatures, inconstants, égocentriques et vains. Un vrai jeu de massacre ... aucun adulte n'en sort grandi. 
Mais le côté bavard et redondant de l'oeuvre m'a gênée. Je crois que je ne comprends pas bien le Henry James de la maturité, qui est pour moi une sorte de Proust anglo-américain (intelligence et introspection) ...mais avec un coeur froid.
 Je lui préfère le jeune Henry James, qui m'avait tant enchantée l'été dernier avec "Washington Square" (1880) : pas un mot de trop, du "dégraissé", et pourtant sulfureux déjà, ô combien...

Enfin , voilà, dans la série "Mior révise ses classiques", il me reste la fierté d'être allée jusqu'au bout ! 

  

vendredi 17 août 2012

Washington Square , d'Henry James



Une certaine perfection...
Un texte resserré, chapitres très courts avec à chaque fois une chute qui claque ;
quatre personnages principaux , un quatuor exceptionnellement bien saisi:
autour d'une jeune fille un peu trop ordinaire de la très bonne société new-yorkaise des années 1850, un père autoritaire et sûr de son bon droit, un prétendant très intéressé et une vieille tante écervelée qui va faire beaucoup de dégâts.
Le désastre est évident dès le début, mais on est fasciné par la narration, si précise et si simple à la fois qu'elle semble évidente et "naturelle".

J'avais , plus jeune, été découragée par des textes exigeants d'Henry James. Celui -ci est très abordable au contraire , il a l'éclat froid et dur d'un diamant et sa perfection est quasi-palpable , on a tout le temps envie de le lire à voix haute pour mieux le savourer 
...les dernières pages sont inoubliables.

 Du grand art, vraiment ...
Cet été relisons nos classiques !      MIOR 

(en format poche chez Liana Lévi)